<

La petite coudraie Ste Hermine. Crédit George Lévêque.

Envol de hérons, création contemporaine, jardin d’Alcime à Aubigny

Parc de La Sicaudiere La Caillere-Saint-Hilaire

Jardin Dumaine à Luçon

La Vendée des jardins

>

La Vendée des jardins

image_print

L’association des parcs et jardins de la Vendée (APJV) vient d’éditer en partenariat avec le Centre vendéen de recherches historiques, un ouvrage collectif qui fera date sur les jardins de Vendée au fil de l’histoire.

Parc de La Sicaudière, La Caillère-Saint-Hilaire

 

Poussons les grilles et les portillons des 429 pages de ce très beau livre avec Olivier Rialland, géographe auteur d’une thèse sur les parcs et jardins des châteaux dans l’Ouest et contributeur de plusieurs chapitres.

Histoire, modes, codes, on y raconte le jardin sous toutes ses facettes.

Le jardin est complexe, il a évolué dans le temps, il existe depuis un certains nombres de siècles, et pour certains il est parfois décrypté par les archéologues ou les historiens. On a voulu proposé avec ce livre une actualisation des connaissances en éclairant autant sur des périodes assez anciennes, que sur des découvertes ou des avancées sur les périodes plus contemporaines. Une partie de l’ouvrage s’intéresse aux jardins du XV, XVI, XVII et XVIIIe siècles. Nous avons voulu montré l’ampleur historique de ces parcs, des logis et des châteaux de ces époques. Le jardin, n’était pas qu’un espace végétalisé avec des arbres et des fleurs, mais il comportait aussi de l’architecture et de l’art, de l’eau et des fontaines, des modes, des objets décoratifs, des plans et des tracés.

Parc de La Baugisière à Saint-Michel-le-Cloucq, le jardin dans une architecture d’époque.

 

 

 

 

Créativité, imaginaire, les formes et les fonctions ont aussi beaucoup changé.

On perçoit, autour de l’approche plus personnelle ou individuelle du jardin, trois grandes clés de lecture que sont les formes, les fonctions et l’imaginaire. Il y a certainement aussi des tendances à notre époque, mais il n’y a plus de « grand » modèle de plan ou de forme du jardin. On s’adapte aux problématiques sociales des quartiers,  à la vie urbaine, aux lieux, beaucoup plus qu’aux siècles précédents où des formes génériques contaminaient largement l’espace public ou la campagne et la mise en place des parcs et des jardins dans les grandes propriétés.

Les fonctions de ces jardins ont aussi changé : certains, privés, sont devenus publics, d’autres se visitent autour d’un logis ou d’un château : jardins réguliers comme le jardin du Bâtiment à Thiré, le Prieuré Saint-pierre à Réaumur, le Boistissandeau aux Herbiers,  la Guignardière à Avrillé… ou irréguliers comme le parc Clemenceau à Chantonnay, Les Rochettes à Montaigu, les Roches-Baritaud à Saint-Germain-de-Prinçay ou La Sallière à La Caillère-Saint-Hilaire. D’autres ont été créé comme des espaces de sociabilité (jardins familiaux, partagés, etc), d’autres encore laissent libre cours à la création du jardinier (Jardin d’Alcime  à Aubigny, du Loriot à Venansault).

Jardin Dumaine Luçon. Cliché Georges Leveque

Le Jardin Dumaine à Luçon, le style des jardins publics du XIXe et XXe siècles.

La petite coudraie Ste Hermine. Crédit George Lévêque.

La petite Coudraie Sainte-Hermine, le foisonnement du jardin à l’anglaise.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le chapitre consacré aux jardins contemporains, on trouve égalementunnouveau questionnement écologique.

C’est une vraie tendance de fond aujourd’hui. Depuis une quinzaine d’années est venue s’y rajouter une réflexion sur notre impact sur la biodiversité, sur l’environnement.  En même temps, on entend que les jeunes générations sont de plus en plus éloignées de certaines réalités de la nature. D’où l’importance des nouveaux jardins à dimension écologique et pédagogique, je pense au Potager extraordinaire à la Mothe-Achard, à La Maison de la vie rurale à la Flocellière, à Beautour à La Roche-sur-Yon,  au jardin médiéval de Bazoges-en-Pareds. Tous ces jardins qui ont à l’arrière-plan la mise en valeur de la biodiversité, l’usage des plantes ou qui proposent des apprentissages plus respectueux pour jardiner.

Économie des ressources, sobriété, qualité de ce que l’on goûte, diversité, font écho, dans nos jardins devenu espaces d’expérimentations, à nos grands questionnements contemporains, notamment face aux bouleversements climatiques. Dans le livre, plusieurs contributions l’évoquent. Celle de Claude Figureau, ancien directeur du Jardin des plantes de Nantes,  avec une réflexion sur l’écologie urbaine, et la conclusion par Pierre Donadieu, professeur honoraire à l’école du paysage de Versailles qui livre ses réflexions sur l’évolution vers l’agroécologie.

41--72DPI - copie 2

Envol de hérons, création contemporaine au jardin d’Alcime Raveleau à Aubigny.

Propos recueillis par Christine Grandin

Pour aller plus loin

Au fil de l’histoire

C’est d’abord en images que se découvrent ces jardins de Vendée et leur histoire : cartes, plans napoléoniens ou d’architecte, gravures d’époque et photographies d’aujourd’hui, belles pierres, logis, châteaux, objets en faïence ou en porcelaine. Mais on entre aussi par la petite porte dans les années de la reconstruction d’un paysage agricole et d’une société vendéenne en profond changement social qui se remet de la répression sous la Révolution en construisant pas moins de 174 châteaux neufs au XIXe siècle !  (et autant de parcs ou jardins). De beaux portraits de jardins contemporains voisinent avec la vision de l’historien Pierre Legal sur l’économie rurale entre 1919 et 1945, ou celle de Claude Figureau, qui fut longtemps directeur du Jardin des plantes de Nantes, qui imagine, demain, cultiver coccinelles et biodiversité.

index

 

La Vendée des jardins au fil de l’histoire,

Centre vendéen de recherches historiques,

430 pages, 39 €

 

 

Et aussi en images

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *