Le naufrage de l’Ymer

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En janvier 1917, l’Ymer dérive au large de l’île d’Yeu. Des Islais s’empressent de partir au secours de ce caboteur norvégien torpillé par un sous-marin allemand. Par Gilbert Métivier

Il fait froid en ce 26 janvier 1917. À 11 h du matin, le sémaphore de la Pointe du But de l’île d’Yeu repère une embarcation apparemment en perdition à quelque 3 milles de la côte. Sitôt averti, Noé Devaud, un solide gaillard de 53 ans, patron d’une équipe de sauvetage, fait battre le rappel de ses hommes. Il  faut toutefois attendre que la mer soit assez haute, à 13 h 30, pour que le Paul-Tourreil puisse descendre les cales de lancement. Âgés de 19 à 54 ans, membres réguliers de l’équipe de sauveteurs ou volontaires moins expérimentés, douze Islais prennent les rames.

Trajet du Paul Tourreil

Survivants du torpillage
Le vent soufflant, la voile est hissée pour aider les rameurs. Après deux heures d’efforts, les marins sauveteurs atteignent l’embarcation en détresse. Composée de sept survivants, l’Ymer, bateau norvégien, a été victime trois jours auparavant d’un sous-marin allemand au large des côtes espagnoles. Ces sept hommes sont presque inanimés, rongés par la faim, la soif, le froid. Le rhum et quelques biscuits de Noé Devaud les ragaillardissent momentanément. Cependant ce n’est que le début de leur calvaire… et celui aussi de leurs sauveteurs.
Rapidement, le Paul-Tourreil trouve des vents contraires, un vent d’est de plus en plus froid et les courants négatifs de la marée montante. Le canot de sauvetage fait du surplace malgré l’énergie déployée par les rameurs. À 17 h, momentanément vaincu, Noé décide de mouiller l’ancre sur les fonds rocheux. Pour reposer ses hommes et attendre la faveur de la marée remontante.
Mais tout se conjugue contre les 12 hommes embarqués dans cette galère : le froid s’intensifie et va atteindre les – 15° C. Le vent redouble de violence. Les vagues grossissent encore ; les hommes, trempés par les embruns, grelottent. Dans la nuit survient un coup de vent glacial chargé de grésil. Puis soudain, le câble de l’ancre cède !

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