Tous des tamalous ?

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 On les appelle les “tamalous” parce qu’ils ont mal partout. Leur corps les lâche et ça gâche une partie de leur vie. Qui sont-ils ? Questions à Alexandra Pasquer, conférencière et romancière, auteure du livre Les Tamalous. Par Delphine Blanchard

Comment définiriez-vous ce qu’on appelle, avec humour, un “tamalou” ?
C’est une personne qui approche les 70 ans et qui sent son corps défaillir. Sa forme physique se fait la malle ! Cela devient donc un sujet constant dans ses conversations. Mais il y a deux types de “tamalous” : ceux qui se plaignent tout le temps et qui n’ont aucun désir de voir les choses de manière optimiste ; au contraire, ceux que je considère comme des héros de notre société. Ils ont mal, le corps les lâche, mais ils persistent à faire plein d’activités, à se dire que leur vie n’est pas finie et que la vraie richesse se trouve dans les relations avec les autres, notamment entre les générations. Au contact des plus jeunes, ils voient leur vie se doter d’un nouveau souffle.

Ne croyez-vous pas qu’un “tamalou” peut aussi être une personne jeune ? Se plaindre et avoir mal n’est pas réservé aux 70 ans et plus…
Bien sûr, pour certains, se plaindre est une façon d’exister, à tout âge. Pour d’autres refuser de dire ses maux, c’est surtout une manière de rester en vie.
En clair, il y a ceux qui s’en préoccupent trop. Et ceux qui font l’autruche. Je crois que la bonne voie se situe à mi-chemin.

CouvJaquette_HDUn extrait ? “Assise sur un tapis de sol, Alicia fixait le plancher. Dans sa salle de gymnastique particulière, elle laissait ses larmes dévaler les courbes rebondies de ses joues dodues. Ses pleurs étaient autant de rage impuissante que de douleur. Pourtant, c’était sa journée. Aujourd’hui, elle pouvait s’apitoyer sur son sort. C’était son anniversaire. Un an de plus, quelle excuse suffisante ! Elle ne fêterait pas cette gifle du temps. Comme d’habitude, elle ne ferait rien. Enfin, rien de particulier. Elle ne le fêtait plus depuis si longtemps, que plus personne ne connaissait son âge véritable. À part ses filles évidemment. Pour entretenir le mystère, elle avait trafiqué sa carte d’identité. Elle appréhendait tellement le moment de changer son vieux document usé, qu’elle conservait, pour l’instant, ses papiers périmés.”
• Les Tamalous. Changeront-elles de vie à 70 ans ? d’Alexandra Pasquer-Schurder, Fortuna éditions, 252 pages, 16,90 €. À paraître en novembre : Les Chicoufs. Chic, ils  arrivent ; ouf, ils repartent ! chez le même éditeur.

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