Trop de diabète !

Close up of a woman using lancelet on finger to take sample of blood sugar.
image_print

De plus en plus de personnes deviennent diabétiques alors que beaucoup d’autres ignorent encore qu’elles le sont. Surpoids et sédentarité en sont souvent responsables. Par Laurence Geffroy

“Le diabète est l’un des principaux tueurs dans le monde aujourd’hui”, martèle l’Organisation mondiale pour la Santé (OMS). “Si nous voulons progresser et mettre un terme à la recrudescence de cette maladie, nous devons repenser notre vie quotidienne afin d’avoir une alimentation saine, d’être actifs et d’éviter la prise de poids excessive”, déclare alors son directeur général, docteur Margaret Chan.
Pour le prévenir, les médecins préconisent d’agir sur trois principaux leviers. En premier lieu, le poids, car l’obésité est un facteur de risque important. Puis, la qualité de l’alimentation et l’activité physique.
À partir de 40 ans, surtout s’il existe des antécédents familiaux, faire 30 minutes de sport par jour permet de diminuer son poids de 5 % et le risque de développer un diabète de 58 %, selon le programme français de prévention du diabète.

Que se passe-t-il ?
Le diabète est une maladie chronique qui se caractérise par un taux anormalement élevé de glucose dans le sang résultant de l’insuffisance de la production d’insuline. Dans le diabète dit de type 1 (“insulinodépendant”) c’est le pancréas qui ne fabrique plus suffisamment cette hormone. Il s’agit d’une maladie auto-immune (dysfonctionnement du système immunitaire). Elle apparaît chez des personnes souvent jeunes et de façon soudaine. Le diabète de type 2, plus fréquent (90 % des cas), résulte de la mauvaise utilisation de l’insuline par les cellules de l’organisme (insulinorésistance). Il apparaît généralement chez des personnes de plus de quarante ans. Il n’existe pas une cause précise mais un ensemble de facteurs : génétiques et environnementaux principalement un déséquilibre alimentaire, une sédentarité, un surpoids.


sante affiche diabeteSuis-je diabétique ?

Plusieurs observations doivent inciter un patient à se faire dépister. Une fatigue accrue, une soif intense même la nuit, une augmentation de la fréquence et du volume des urines et un amaigrissement involontaire. D’autres symptômes, plus sérieux, apparaissent lorsque le diabète s’est installé depuis longtemps : cicatrisation lente, diminution de la vision, diminution de la sensibilité au niveau des pieds, d’infections urinaires répétées.
Un test indicatif mis en ligne par la fédération française des diabétiques permet d’évaluer ses risques et prédispositions au diabète de type 2, de façon  simple et rapide, en 8 questions. Test en ligne : http://contrelediabete.federationdesdiabetiques.org.


 

 

L’embonpoint sollicite l’insuline et surmène le pancréas alors qu’une alimentation saine et l’indice de masse corporelle qui va avec permettent de maintenir une glycémie stable tout au long de la journée. L’idéal est de prendre trois repas par jour, d’éviter les aliments gras et sucrés et de privilégier les fibres. Le stress et le tabac peuvent aussi entrer en ligne de compte. En revanche, consommer du café ou du thé vert à raison de trois tasses par jour serait protecteur, d’après une récente étude danoise.
Pour la Fédération française des diabétiques, le diabète de type 2 concernerait trois millions de Français, soit 4,7 % de la population. À cela, s’ajoutent les personnes qui n’ont pas été dépistées. Le type 2 est une maladie évolutive qui peut passer longtemps inaperçue. Le vérifier peut être assez simple : une prise de sang mesure la glycémie à jeun.
Tous concernés
Fait alarmant, le nombre de diabétiques a doublé en trente ans, avec la sédentarité qui gagne du terrain. Il touche désormais tous les continents, même l’Asie qui était épargnée jusqu’ici. Parallèlement, les traitements évoluent. L’injection directe d’insuline peut être remplacée par une chirurgie. L’ablation d’une partie de l’estomac de patients obèses, entraînant une perte de poids très importante chez les sujets atteints, peut engendrer en même temps une diminution de la glycémie jusqu’au taux normal de 1 g par litre de sang.
Parmi 900 participants, une étude a calculé que 37 % seraient en rémission. Les effets probants sur le diabète valent surtout après une opération “by-pass”, qui représente 30 % des interventions de chirurgie gastrique. Il s’agit de réduire le volume de l’estomac et de modifier le circuit alimentaire(1). Deuxième expérience menée sur onze patients aux États-Unis, une restriction calorique pendant deux mois à 600 calories au maximum par jour. Le pancréas, au repos s’est régénéré. Cela a permis de rétablir une glycémie correcte avec un taux de rémission de 61 %.

(1) Les aliments ne passent plus par l’estomac et la partie supérieure du tube digestif, ils vont directement dans la partie moyenne de l’intestin grêle.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *