Bitcoin : le vrai coût énergétique du minage

Bitcoin : le vrai coût énergétique du minage

Miner le Bitcoin, la plus célèbre – et précieuse – des crypto-monnaies ne se fait pas à la pelle et la pioche mais à la sueur de votre matériel informatique. Enfin, à celle des gargantuesques installations de mineurs professionnels, qui organisent de véritables fermes regroupant des milliers de rigs de minage. Faire tourner de telles installations a un coût : une consommation électrique impressionnante. On lit d’ailleurs souvent que le réseau Bitcoin consomme plus d’électricité que l’Irlande. Info ou intox ? Et surtout, que peut bien signifier une telle consommation ? Zoom sur cette consommation électrique importante, qui est proportionnelle au cours du Bitcoin.

Le Bitcoin : quelle consommation à l’année ?

Dissipons tout d’abord un malentendu. Non, les derniers chiffres n’indiquent pas que la facture énergétique du Bitcoin est comparable à la consommation d’électricité de l’Irlande. En 2018, l’unité de mesure est plutôt l’Autriche.

En chiffres, cela se traduit par une consommation estimée de 73,12 TWh, ou encore la respectable petite somme de 3 656 073 069$. Des chiffres impressionnants mais qui restent encore abstraits pour le commun des mortels, alors faisons quelques comparaisons supplémentaires.

73 TWh, c’est 15% de la consommation électrique de la France, ou encore 1,8% de la consommation des États-Unis, et 0,33% de la consommation mondiale. Une seule et unique transaction du réseau Bitcoin permet d’alimenter en électricité un foyer pendant 25 jours.

Le Bitcoin, de part son architecture basée sur le proof of work, est donc gourmand, et soulève de nombreuses questions sur son impact environnemental. Mais consommation électrique ne rime pas forcément avec désastre écologique.

À la recherche de l’énergie verte

energieLe prix de l’électricité est l’un des facteurs les plus importants pour les entreprises spécialisées dans le minage. On trouve donc les fermes importantes implantées dans des pays où l’électricité est abordable.

La Chine est traditionnellement un poids lourd du marché, mais le minage est en plein développement dans de nombreux autres pays beaucoup moins dépendants du charbon dans leur mix énergétique.

Le nord-ouest du Pacifique attire de nombreux mineurs pour son électricité bon marché et d’origine hydro-électrique.

En Europe, l’Islande est connue pour ses fermes de minage de Bitcoins. Le pays propose de l’électricité abordable d’origine géothermique, et donc à faible emprunte carbone. L’Islande a en outre l’appréciable qualité d’être… très froide, ce qui favorise le refroidissement des machines.

Considérer les seuls chiffres de consommation électrique ne mène à rien : il faut aussi savoir d’où provient cette électricité. La recherche d’énergie verte de l’industrie est un mouvement prometteur. Mais ce n’est pas la seule évolution. Tout porte à penser que les crypto-monnaies vont réduire leur consommation dans les années à venir.

Vers un futur moins énergivore

Une des particularités du Bitcoin est que la difficulté du minage s’ajuste à la puissance de calcul du réseau. Avec la diminution de l’émission de nouveaux jetons, les prix vont se stabiliser et la consommation d’énergie diminuer.

Mais certaines crypto-monnaies prennent aussi des initiatives pro-actives pour faire baisser la facture – et l’impact environnemental. Ainsi l’Ethereum (ETH), la deuxième crypto en matière de capitalisation boursière, explore la possibilité d’un passage en proof of stake, preuve d’enjeu, processus de validation nettement moins énergivore.